La conférence de Londres, qui doit adopter un plan d'aide et de coopération entre le gouvernement afghan et les pays donateurs s'ouvre aujourd'hui dans la capitale britannique. Etant loin je n'ai pas vocation à commenter ce qui s'y passe, mais ce nouveau plan quinquennal, qui doit accélérer le développement et améliorer la sécurité donne l'occasion d'un bilan. Il est mitigé. Si les succès ne peuvent être niés sur de nombreux plans, ce qu'on entend très souvent ici de la part des Afghans c'est que les choses ne vont pas assez vite. Mahmoon, mon dynamique professeur de dari, qui est aussi étudiant en médecine, reconnaît que des progès ont été fait mais son impatience est, je pense, représentative. Il ne comprend pas par exemple que les routes de Kaboul restent dans un état aussi lamentable, que l'électricité de ville soit aussi rationnée (un jour sur deux quand on a de la chance) et de manière générale il se demande où va tout l'argent versé par la communauté internationale. La sécurité (Talibans mais aussi l'insécurité liée au trafic de drogue) reste un gros problème pour la majorité des Afghans même si Kaboul reste relativement épargnée par les attaques à la voiture suicide qui se sont multipliées ces derniers mois. A l'occasion de la conférence, la Banque mondiale a publié un rapport où elle appelle d'urgence les pays donateurs à faire plus confiance au gouvernement afghan et à lui verser plus d'argent directement. Pour l'heure, un très faible pourcentage des fonds internationaux passe par les mains du gouvernement. Pour les responsables de l'étude cela pose non seulement un problème de crédibilité pour le gouvernement (il n'est pas visible) mais aussi de coordination et de cohérence de l'action de développement. Quant au coût des projets, il est d'habitude beaucoup plus élevé quand il est éxecuté par la communauté internationale. La foule d'intervenants internationaux suscite aussi le scepticisme chez nombre d'Afghans. D'un autre côté, nombre de pays donateurs estiment que les dirigeants afghans ne sont pas encore en mesure de gérer un budget trop important par manque de savoir-faire mais aussi à cause de la corruption endémique dans le pays. Une chose est sûre, le pays ne pourrait pas survivre sans l'aide internationale, il n'arrive à engranger qu'un tout petit pourcentage du budget par le biais de l'imposition ou de taxes et les cadres compétents sont encore trop peu nombreux. Le message le plus rassurant de la conférence c'est que l'engagement devrait se poursuivre pour les 5 ans à venir et que les progrès seront mesurés et évalués régulièrement.


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