Dans la série, comment vivent les expats à Kaboul ? L’un des endroits les plus sympas et les plus courus est « l’Atmosphère », LE restaurant "français" de la capitale. Les initiés disent « l’Atmo ». Marc Victor, le propriétaire --un journaliste, écrivain qui a beaucoup bourlingué en Asie et a choisi pour un temps de devenir restaurateur-- a voulu donner la patte de chez nous au menu et à la carte des vins. On peut manger un steak-frites, du magret de canard au miel (surgelé mais quand même), goûter le foie gras, avaler un bœuf bourguignon et faire descendre le tout avec du médoc ou un mâcon-village. L’endroit, installé au cœur de la ville avec un grand jardin et une piscine (oui une piscine) « nous a bien plu, nous voulions créer, pas seulement un restaurant, mais un endroit où les gens peuvent se retrouver », explique Marc. Après le passage d’un chef français pendant trois mois pour peaufiner les connaissances de son homologue afghan, l’Atmo est une affaire qui roule même si l’interdiction faite de temps en temps aux personnels de l’ONU de sortir, peut peser lourdement sur le chiffre d’affaire. L’approvisionnement est un souci permanent. Fruits et légumes de qualité se trouvent en abondance dans les échoppes locales, mais il a fallu former un boucher à la découpe à la française et les fromages de France sont parfois plus difficiles à se procurer. Le personnel est afghan et l’Atmo a créé plus de 25 emplois. Quant aux clients, se sont à 90% des expats, qui ont la plupart entre 25 et 35 ans, explique Marc; qui a eu l’idée géniale de mettre à disposition GRATUITEMENT l’Internet à haut débit. Cela attire aussi pas mal de monde, y compris votre serviteur.
Les Afghans sont les bienvenus (ils sont interdits d’alcool comme partout dans le pays), mais les prix des menus sont prohibitifs pour la très grande majorité d’entre eux (entre 600 et 650 afghanis pour un plat principal), comme dans tous les restaurants destinés aux expats. Marc reconnaît que c’est assez cher, mais souligne que les produits importés ont leur coût.
L’Atmo se distingue aussi par son ambiance bon enfant et essaye d’éviter d’attirer les franges plus « problématiques » de la communauté expatriée (comme les employés des multiples entreprises de sécurité qui peuvent se révéler un peu rugueux après quelques bières). Un projet de formation d’adolescents défavorisés aux métiers de la restauration est également en train de se mettre en place en collaboration avec une ONG « Afghanistan demain » et l’ambassade de France (on écrira bientôt plus sur ce sujet).
Si vous voulez réserver une table ou jeter un oeil sur le menu http://latmospherekabul.blogs.com

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