Vous avez entendu parler des manifs à Kaboul. Elles ont remis un peu les choses en perspectives pour moi. Je n'ai pas pu sortir lundi, le quartier du bureau étant bouclé par la police et l'armée qui "déconseillaient" fortement aux "haredjis" les étrangers d'essayer d'aller voir ce qui se passe en ville. Il était vraiment déconcertant de devoir faire sortir mes collègues afghans --et leur faire prendre des risques-- alors que ma collègue et moi étions obligés de rester au bureau. Une collègue a échappé à la foule --l'une des principales manif se passait près de sa maison-- grâce à un afghan venu la chercher à vélo et parce qu'elle avait revêtu une burqa. Je l'ai vue le lendemain et elle était vraiment secouée. D'ailleurs l'idée d'acheter une burqa pour se sauver en cas de problème fait son chemin (pas pour moi). Plusieurs étrangers ont été pas mal effrayés par les événements pour avoir goûté à la vindicte de la foule de près. En sortant le lendemain, je ne cache pas que j'avais un peu d'appréhension, alors que je me suis baladé pendant des mois dans cette ville sans la moindre peur et en faisant mes courses chez des afghans qui m'ont toujours accueillis avec beaucoup de gentillesse. La ville est de nouveau très calme mais les rumeurs courent que les manifs pourraient redémarrer vendredi si les mollahs attisent les passions pendant la prière. Ce ne sont que des rumeurs et peut-être que ce n'était qu'un coup de sang après un accident provoqué par les soldats américains. Ce qui était formidable (et qu'on m'a rapporté) c'est que les gardes de la maison, que je partage avec d'autres collocataires, et surtout un de nos chokidars ont été formidables. M. Gullam, le chokidar, avait préparé ses haches et disait à qui voulait l'entendre "j'ai été un moudjahidine et je défendrais mes soeurs (marina et Anna, les deus femmes de la maison). Je sais qu'il l'aurait fait et ça c'est formidable.







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