Il est trois heures du matin, avec un tout petit groupe d'amis nous marchons dans les rues désertes de Kaboul pour rentrer chez nous. Une petite balade d'une vingtaine de minutes, sans se presser, comme dans une ville normale ailleurs dans le monde. Les rues dans le centre sont désertes, éclairées très sporadiquement par un peu de lumière artificielle mais qui doivent se contenter la pluart du temps des faibles lueurs des étoiles. Ce qui n'était qu'une promenade un peu grisante parce que presque personne ne le fait jamais, parce que la ville était à nous (et à un pauvre policier à un carrefour) a pris un tour presque surréaliste quand nous avons entendu le claquement de sabots sur le bitume. D'abord une, puis deux puis plusieurs autres charettes, seules ou par petit convoi de deux ou trois, tirées qui par un cheval qui par un âne ou un mulet. La rue où nous nous trouvions n'était pas vraiment éclairée et charrettes et chevaux se découpait juste en silhouette plus sombre sur le décor urbain (un bien grand mot pour Kaboul). Les charrettiers, qui viennent livrer aux marchands des légumes cultivés aux alentours de la capitale, étaient aussi surpris que nous et ne savaient parfois pas très bien à qui ils avaient à faire.Les policiers non plus d'ailleurs.



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