Je ne suis pas trop du genre obsédé de la météo (il faut dire qu'ici c'est assez simple en été: plein soleil) mais je viens de m'apercevoir en regardant par la fenêtre qu'il pleuvait à verse, et que le tonerre gronde sur Kaboul. Le bureau est doucement envahi par l'odeur de terre mouillée et je crois bien que depuis la fin mars on n'avait pas pu sentir, ce parfum tout particulier, flotter dans le jardin et la maison.
"Nous les Afghans on adore lapluie d'été", me dit Waheed mon collègue et d'ajouter "Kaboul va être propre pour un jour", avec son grand sourire.
Pas de quoi en faire un fromage me dira le lecteur pragmatique qui a autre chose à faire, mais c'est l'occasion de parler aussi de la sécherrese qui sévit dans le pays. Treize provinces sur 34 ont été déclarées sinistrées et l'Onu et le gouvernement ont lancé un appel à contribution pour apporter de la nourriture, des semences et de l'eau potable à plus de 2,5 millions de personne (grosso modo 10% de la population totale) qui souvent risquent de connaître la faim, de manger les semences pour l'année prochaine, de vendre leurs bêtes pour subsister et de déclencher un cycle infernal qui risque de se perpétuer pour longtemps. Evidemment, une pluie sur Kaboul ne fait pas le printemps des provinces touchées, mais c'est une petite note d'espoir.
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